Ni ami, ni ennemi, le web est un outil

Les commerces de proximité doivent-ils voir l'e-commerce ou le m-commerce comme le nouvel eldorado ? Pas forcément. Mais il serait dommage de ne pas se poser la question.

Ni ami, ni ennemi, le web est un outil

Certains chiffres donnent le vertige. En 2014, selon les estimations de BeCommerce, l’association belge des commerçants en ligne, le chiffre d’affaires global issu de l’e-commerce belge est estimé à 2,2 milliards d’euros dont 9,7 % réalisés via le commerce mobile (ou m-commerce), soit plus de 213 millions d’euros.

Selon la dernière étude de Comeos sur l’e-commerce en Belgique : trois internautes belges sur quatre ont acheté en ligne au cours des douze derniers mois. Plus de Belges sont maintenant connectés, cela correspond à un accroissement d’environ 100.000 ménages soit 330.000 nouveaux clients belges. L’effet de substitution est relativement limité puisque seulement un tiers des achats en ligne remplace des achats qui étaient faits précédemment via d’autres canaux. Ce point relativise fortement l’impact en termes de concurrence du commerce.

Côté francophone

Les résultats du baromètre UCM Commerce du deuxième semestre 2013 révèle que presque deux tiers des commerçants francophones sondés disposaient d’un site web (63,3 %). Celui-ci était généralement un site vitrine qui, dans seulement 15,8 % des cas, permettait de faire du commerce électronique. Lorsque le commerçant n’avait pas de site web, les raisons évoquées étaient le coût (32,7 %), le fait de ne pas voir l’intérêt d’une présence web (23,2 %), la complexité de la mise en œuvre (21,1 %) ou simplement le fait de ne pas y avoir pensé (10,9 %).

Mais les mentalités évoluent : au mois de janvier dernier, lors du dernier baromètre UCM Commerce, près de la moitié des commerçants envisageaient de développer leur présence sur le web afin de renforcer l’attractivité de leur commerce. La prise de conscience a commencé.

Se poser la question

Que faire lorsque l’on est un commerçant de proximité face à la vente en ligne ? Le gros dos ? Trembler ? Foncer ?
« Il faut au moins se poser la question de l’utilité pour son affaire de se lancer dans l’e-commerce », souligne Damien Jacob, auteur du livre « E-commerce, bonne pratiques pour réussir » paru aux éditions Édipro. « Et la réponse ne sera pas forcément positive. » « Ignorer l’e-commerce serait une erreur car il n’est pas réservé aux grandes entreprises. De nombreuses PME ont une belle expérience en ligne avec peu de moyens. Il n’existe pas qu’une solution, qu’une manière de vendre en ligne, qu’une seule stratégie. Bien au contraire. L’e-commerce, c’est avant tout du commerce. Ce n’est pas une affaire de techniciens mais de compréhension des attentes de la clientèle, de service. »

Se poser la question de l’intérêt, OK. Mais après ? « Le commerçant peut aller un pas plus loin en partageant les expériences avec des confrères, en lisant les informations en ligne, en suivant une formation, puis seulement faire appel à un prestataire. Ou plus exactement à plusieurs prestataires pour éviter d’être aveuglé par une offre séduisante au premier coup d’œil mais qui se termine par de nombreuses mensualités exorbitantes à payer. »

Mais attention, il n’y a pas de formule miracle. « Ce n’est pas “la” solution, c’est un outil en plus », ajoute Marc-Alexandre Legrain, chasseur de tendances en marketing. Il est donc bien question d’un choix stratégique de vente. Une stratégie qui mérite d’être réfléchie. Encore faut-il avoir le temps. « Celui qui ne prend pas le temps aujourd’hui aura beaucoup de temps demain. »

C’est ici pour voir le dossier complet : Dossier-e-commerce-2015

Sources : Union & Actions du 20 mars 2015

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